Travailler dans le social c’est quoi ?

#social #emploi #association #travail #travailleursocial #auxiliairedevie #apa #pch #autonomie

Définition officielle :
Extrait “Art. D. 142-1-1.-Le travail social vise à permettre l’accès des personnes à l’ensemble des droits fondamentaux, à faciliter leur inclusion sociale et à exercer une pleine citoyenneté.”

Ce qui est beau 

L’humanité

Tout commence ici, Aider oui avec un grand A. Pour travailler dans le social il faut vouloir aider. Mais aider concrètement pas juste le dire pour faire bien. Maintenant je peux me dire tiens aujourd’hui il y a quelqu’un à qui mon travail a servi. Je vois l’utilité de mon travail tous les jours. Dans mon ancien boulot j’adorais ce que je faisais mais il n’y avait aucun besoin vital.
Certains jours je sais que grâce à mon travail un monsieur esseulé va pouvoir manger en compagnie d’une auxiliaire de vie. Parfois j’entends le sourire des bénéficiaires au téléphone quand je leur dis que quelqu’un va venir les aider le lendemain. 
J’ai quelques salariés qui sont tellement investis que les remerciements des familles sont dithyrambiques. On aide des gens à traverser des situations terribles avec dignité et ça me touche énormément.

L’apprentissage 

Ce boulot m’apprend beaucoup de choses, sur moi, sur le travail. 
J’ai découvert que j’allais gérer une équipe de 40 salariés. Oui, oui 40 c’est pas une mince affaire.
J’apprends tous les jours à leurs côtés. Leurs expériences respectives, leurs façons de travailler et leurs rapports aux bénéficiaires sont très enrichissants. 
J’ai beaucoup appris sur mes capacités de manager. Je vois quels points je dois améliorer pour être toujours à l’écoute.
Ce nouveau domaine m’apprend aussi la capacité d’adaptation et la réactivité. Aucune journée ne se ressemble, le temps passe à une vitesse folle mais j’adore ce mouvement perpétuel. 

Mes conditions de travail

Je suis désormais dans une association et plus une entreprise. Au sein d’une petite équipe; 8 administratifs et 40 salariés de terrain. En tout nous sommes 90 et je connais quasiment tous les salariés. Je ne suis plus un numéro noyé dans la masse.
J’ai des horaires beaucoup plus adaptés à ma vie personnelle. Je sors tôt en semaine et je ne travaille plus le week-end.
C’est exactement ce que je voulais quand j’ai quitté le tourisme.

Ce qui est moins beau

Les objectifs chiffrés

Je croyais cela réservé aux entreprises mais non j’ai aussi un objectif à tenir.
Je dois faire 4000 heures par mois et donc me justifier quand je ne les fais pas et trouver un moyen de développer mon service. Ça je l’avais pas vu venir en entretien, on ne m’en a d’ailleurs pas parlé. A l’inverse j’ai bien dit que je quittais le commerce pour ne plus endurer cette pression du chiffre. Elle est certes beaucoup moins pesante dans ce poste mais faire du social et du chiffre est en totale opposition pour moi.

Le peu de moyens

Qui dit social dit faibles moyens.
Je peux vous le confirmer, la survie d’une association est précaire. Nous avons des concurrents qui sont des entreprises donc des moyens bien supérieurs aux nôtres. On ne peut pas payer plus que le smic nos salariés mais comment les faire rester et s’investir dans ces conditions.
Il faut optimiser tous les coûts. Sur mon service on devrait être deux et je suis seule.
Nous sommes dans des locaux où nous cohabitons avec des cafards, une fuite d’eau et un rat. Ça peu faire sourire dit comme ça mais on se marre pas tous les jours.

Les conflits

Les conflits avec les salariés sont fréquents. J’ai des directives que je dois appliquer mais c’est toujours moi qui en prend dans la figure. 
J’ai quelques salariés qui ne sont plus du tout investis par ce métier et qui me pètent des arrêts maladie de rébellion. 
Ils se critiquent les uns les autres et même l’association parfois devant les bénéficiaires.
Je demande à faire un remplacement en urgence; seulement dans le cas d’un acte essentiel (manger, se lever, s’habiller). J’ai des refus, des salariés m’ont déjà non j’ai autre chose de prévu. Des salariés m’ont demandé si je pouvais les prévenir au moins 2 jours avant pour une urgence…euh quoi répondre à cela ?!?

Il y a aussi des bénéficiaires qui abusent de cette aide. J’entends des gens demandés que l’auxiliaire de vie récure les plinthes ou qu’elles fassent tout à la place de la famille. Ils parlent de leur femme de ménage. Alors qu’elles sont là pour un maintient au domicile et un accompagnement social. 
Les aides comme la PCH ou l’APA sont là pour palier à des situations critiquent.
Le handicap, la maladie ou une perte d’autonomie mais jamais une prestation de confort. Certains l’oublient parfois. 

Les conditions de travail

Oui il y a aussi de sérieux problèmes de ce côté là.
Quand j’ai pris ce service en mai 2018, je n’avais jamais gérer une équipe. Je me retrouve avec 40 salariés dont certaines ont 20 ans d’ancienneté. On me demande de redresser la barre et de remettre de l’ordre dans les pratiques professionnelles. Il faut arrêter les favoritisme, ne plus céder à toutes les demandes mais ça m’attire la foudre des salariés. Ils ont toujours eu gain de cause pour éviter de gérer des problèmes donc ma fermeté est mal perçue. 

Je dois développer mon service, trouver de nouveaux bénéficiaires sauf qu’en contrepartie je n’ai pas moins de travail. Je dois faire des visites à domicile pour aider les gens qui n’y arrivent pas à constituer des dossiers APA ou PCH.
Ces absence répétées m’ont mise en retard sur mon travail quotidien. Je n’ai pas vraiment de collègue ou de supérieur pour m’aider, ce qui m’isole et c’est parfois pesant. 

Je ne peux pas améliorer nos outils de travail car tout est fait dans l’urgence. J’ai sans cesse des salariés en arrêt maladie et les recrutements qui sont fait reste en poste 2-3 jours.
J’ai beaucoup de mal à prendre du recul et à supporter tout ça.

Mon poste : assistante de planification

Ma fiche de poste

  • Préparation de l’intervention
  • Gestion des plannings
  • Enregistrements informatiques
  • Remontées et traitement des réclamations
  • Suivi de l’intervention
  • Contrôle des éléments mensuels de paye
  • Management
  • Accueil (si besoin en remplacement ponctuel)

Tout ça pour le Smic bien sûr, une mutuelle d’entreprise déplorable, des heures supp que tu peux faire mais dont il ne faut rein attendre.
Autre problème de taille, clairement ce qu’on me demande au quotidien va bien au-delà de ma fiche de poste.

Ce que je pense de tout ça

J’ai la vilaine sensation de m’être un peu faîte avoir en prenant ce service.
J’ai parlé de ce mal être à ma direction et je me suis gentiment fait remettre à ma place.
J’essaye de prendre du recul pour continuer à bosser dans cette association. 
J’ai la chance d’avoir fait une super rencontre, la comptable qui est mon pilier quotidien.
Je garde le cap jusqu’en mars, cela fera 1 an et je pourrais dresser un bilan plus précis. J’ai aussi mon voyage de noces à ce moment là ça me permettra de me ressourcer. 
Dans tous les cas si je vois une vraie opportunité ailleurs je l’étudierais. Malgré tout c’est dur de me dire que je me suis peut-être encore trompée.

Définition du travail social
Définition APA
Définition PCH
Quelques informations sur les MDPH maisons départementales des personnes handicapées

Mon dernier article sur ma reconversion 

A voir également

5 commentaires

  1. Coucou !
    J’ai été surprise par la 2e partie de ton article, je m’attendais à ce que ce soit que du bonheur ta reconversion. Moi aussi j’adore pouvoir aider, qu’est-ce que ça fait du bien de se sentir utile à quelqu’un qui a besoin. Cependant il ne faut pas soi-même se retrouver en détresse. Il faut être bien dans sa tête pour pouvoir donner davantage aux autres et là j’ai peur que tu finisses mal. Il ne faut pas voir le côté négatif des choses, mais tenter de continuer dans cette voie effectivement si tu penses que c’est la bonne, dans d’autres conditions bien sûr. Bon courage !

    1. Bonjour,

      Je pense qu’il ne faut pas se voiler la face en effet aider c’est bien et cela me plaît de me sentir utile. Par contre le social reste un domaine difficile avec très peu de moyen et où il est aussi question de rentabilité. Il est malgré tout compliqué d’avoir une structure pérenne avec le peu de moyens investit dans le social.
      Ce qui est frustrant c’est qu’on ne peut pas faire un travail de part ce manque de moyen. Je suis quelqu’un de très entier et ça a été difficile de prendre du recul par rapport à ce travail. Je m’y emploie pour y rester car j’aime l’équipe de que j’ai intégré.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *